Je te frapperai sans colèreEt sans haine, —comme un boucher !Comme Moïse le rocher,— Et je ferai de ta paupière,Pour abreuver mon Sahara,Pour abreuver mon Sahara,Jaillir les eaux de la souffrance,Mon désir gonflé d’espéranceSur tes pleurs salés nageraComme un vaisseau qui prend le large,Et dans mon coeur qu’ils soûlerontTes chers sanglots retentirontComme un tambour qui bat la charge !Ne suis-je pas un faux accordDans la divine symphonie,Grâce à la vorace IronieQui me secoue et qui me mord ?Elle est dans ma voix, la criarde !C’est tout mon sang, ce poison noir !Je suis le sinistre miroirOù la mégère se regarde.Je suis la plaie et le couteau !Je suis le soufflet et la joue !Je suis les membres et la roue,Et la victime et le bourreau !Je suis de mon coeur le vampire,—Un de ces grands abandonnésAu rire éternel condamnés,Et qui ne peuvent plus sourire !Charles Pierre Baudelaire, Les Fleurs du Mal
2006-10-25
L'HEAUTONTIMOROUMENOS, Baudelaire
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